Animée par l’architecte Pierre Thibault, la table ronde réunissait René Bellerive (Investissements immobiliers Kevlar), Louis Bertrand (Industrielle Alliance), Luc Maurice (Groupe Maurice), Jean Morency (SSQ Société immobilière) et Michel Parent (Logisco).
Les participants ont tous reconnu l’importance de créer des zones d’habitation situées à proximité du lieu de travail, ce qui aurait pour effet de réduire le nombre de véhicules en circulation et, par le fait même, les espaces de stationnement. «Si le quartier est quasi autonome, les commerces de proximité diminueront la demande de stationnement», a affirmé M. Bertrand.
Au chapitre du partenariat dans la planification, tous les panélistes reconnaissent que les citoyens sont de mieux en mieux avisés et qu’ils doivent désormais collaborer avec eux. Cependant, les promoteurs estiment qu’ils devront réviser leur façon d’établir leur processus de planification. «Ça peut parfois nécessiter entre cinq et 12 ans. Il faut dire que ce genre de façon de faire n’est pas encore complètement établi», affirme Louis Bertrand.
Développement durableSur la question du développement durable, les promoteurs de la région se demandent quel prix les gens sont-ils prêts à payer. «Est-ce que, par exemple, une personne est prête à emménager dans un logement où l’isolation est excellente, mais qui laisse peu de place à la grandeur des fenêtres?», s’interroge Luc Maurice. René Bellerive soutient pour sa part qu’aux États-Unis, les habitations écologiques connaissent un taux d’occupation de 6 % supérieur à la moyenne. Enfin, tous les participants s’entendent pour dire que le développement durable en construction résidentielle constitue une tendance lourde et incontournable.
Qualité architecturaleEn matière de qualité architecturale, tous les promoteurs affirment qu’ils désirent construire des bâtiments qui vieillissent bien.«Nous accordons une importance primordiale à une qualité architecturale supérieure», soutient M. Bellerive.
Dans cette optique, les «power centers», où le caractère strictement fonctionnel remplace la qualité architecturale, seraient-ils déjà une vision du passé? «Sans doute», estiment certains. M. Maurice rétorque que si cette structure commerciale a connu une certaine popularité, c’est qu’il y avait une demande en ce sens.
Mixité socialeEnfin, on s'est attardé à la notion de mixité sociale. Un concept qui ne semble pas susciter un délire d’enthousiasme chez les promoteurs. À la question d’un participant de la salle, qui demande quelles sont leurs préoccupations en matière de mixité sociale (intégration de logements sociaux dans des projets domiciliaires), les panélistes diront, en substance, qu’ils ne sont pas contre.
«Mais, ça prend de l’aide du gouvernement, parce qu’il n’y a pas beaucoup de profits à faire avec ça», ajoute René Bellerive. Luc Maurice souligne certains problèmes qui peuvent surgir de cette cohabitation entre gens démunis et certains citoyens. «Prenez le cas de personnes âgées côtoyant des familles où il y a des cas de violence, par exemple. C’est à ce genre de situation à laquelle il faut également penser lorsqu'on désire implanter la mixité sociale», conclut-il.
