La Chambre de commerce salue la réduction d’impôt des particuliers et des sociétés, les investissements dans les infrastructures et le gel du taux de cotisation d’assurance-emploi liés au plan de relance de 19 G$.
Mais malgré cet accueil relativement favorable, les critiques ne manquent pas. «Ce n’est pas un budget qui a beaucoup d’éclat. Il ne comporte pas de mesures très nouvelles. La Chambre espérait voir davantage de mesures significatives pour l’amélioration de la compétitivité et de la productivité des entreprises. Nous nous attendions à ce que les mesures permettant de se sortir de la récession se poursuivent. Il y a énormément d’entreprises dans les domaines manufacturier et forestier qui en ont encore grandement besoin», souligne le président du comité fiscalité et finances publiques, Rémi Tremblay.
Le spécialiste se dit également surpris de voir que le crédit d’impôt à la rénovation domiciliaire, un programme pourtant populaire, n’a pas été reconduit.
Même chose du côté de l’environnement. La Chambre de commerce proposait dans ses consultations prébudgétaires de valoriser davantage les initiatives environnementales des entreprises, un domaine dans lequel les Conservateurs ne brillent pas par leur avant-gardisme. «Il semble y avoir un relâchement à ce niveau. Qu’il n’y ait pas de mesures, c’est une chose, mais c’est quand même surprenant qu’ils en rajoutent», estime M. Tremblay.
Du côté de la ville de Québec, les priorités identifiées par la Chambre de commerce – le projet de train rapide Québec-Windsor, l’agrandissement des installations du Port de Québec et de centre de prédédouanement de l’Aéroport de Québec – n’ont pas été abordées. Seul le manège militaire a fait l’objet de discussions alors que le gouvernement s’engage à le reconstruire. L’enveloppe budgétaire de 15 M$ de Développement économique Canada pourrait également représenter une bonne nouvelle pour Québec.
Les réactions au budget dévoilé hier fusent de part et d’autre et ce sont les heureux qui se font entendre le plus fort. Ainsi le premier ministre du Québec, Jean Charest, et le ministre des Finances, Raymond Bachand, ont réagi en indiquant leur satisfaction de voir maintenus l'ensemble des transferts fédéraux, incluant la péréquation. Ils entendent toutefois poursuivre les négociations concernant le dossier de l'harmonisation des taxes de vente.
L'Union des municipalités du Québec s’est pour sa part dite satisfaite du respect de l'engagement du gouvernement à maintenir le Plan d'action économique et les investissements dans les infrastructures municipales.
La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) s’est réjouie de voir qu'aucune réduction n'a été imposée au Programme canadien de prêts aux étudiants pour les années 2009 et 2010, ce qui, selon Jean Grégoire, président de la FEUQ, se traduit par une augmentation de 35 M$ en bourses qui seront versés par Ottawa à Québec dans le cadre du nouveau Programme canadien de bourses aux étudiants. Même chose pour les chefs d'établissement universitaire québécois qui saluent l'importance des mesures qui favoriseront l'essor de la recherche, de l'innovation et du transfert technologique.
Les aînés et l'Association québécoise des retraité(e)s des secteurs public et parapublic (AQRP) ont quant à eux fait connaître leur mécontentement, se désolant de constater qu’aucune amélioration au programme de Supplément de revenu garanti n'a été annoncée afin que l'ensemble des personnes âgées du Québec puisse bénéficier d'un revenu au moins équivalent au seuil de la pauvreté.
