«Cette baisse de régime des mises en chantier concorde avec nos prévisions. En effet, nous nous attendions à ce que la fin du devancement des achats de maisons se fasse sentir sur le marché du neuf», affirme Kevin Hughes, économiste principal à la SCHL pour le Québec.
Cette analyse est partagée par le Mouvement Desjardins, selon qui «un certain ressac de la construction neuve était attendu en mai après un début d'année tout à fait exceptionnel. Le fait que les mises en chantier s'approchent des 50 000 unités semblait insoutenable. Un retour sous ce niveau était largement anticipé dans un contexte de remontée des taux hypothécaires et de resserrement des règles d'octroi de crédit pour les emprunts dont la mise de fonds de situe entre 5 % et 20 %.»
Néanmoins, la hausse des mises en chantier constatée au Québec en mai 2010 par rapport à la même période en 2009 est à l’image de la situation observée dans l’ensemble des régions métropolitaines de recensement (RMR) québécoises. Cela étant, des augmentations plus prononcées ont été signalées à Saguenay (+28 %) et à Trois-Rivières (plus de 100 %), tandis que la RMR de Québec a enregistré un recul de 8 % en regard de la même période l’an dernier.
La SCHL observe qu'à l’exception de la région Sherbrooke, la construction de maisons individuelles a progressé dans toutes les RMR québécoises, la plus forte croissance ayant eu lieu à Gatineau. Au total, les fondations de 1 160 maisons individuelles ont été coulées dans les centres de 100 000 habitants et plus, ce qui représente un accroissement de 10 %.
Du côté des habitations collectives, une augmentation de la construction a été enregistrée dans cinq des six RMR québécoises. À cet égard, les RMR de Saguenay, de Sherbrooke et de Trois-Rivières se distinguent par des mises en chantier bien plus nombreuses.
En ce qui concerne les grandes agglomérations de recensement (AR), l’enquête révèle que les mises en chantier y ont progressé de façon notable par rapport à la même période l’an passé (360 en 2010; 209 en 2009). Il s’agit d’un autre mois où autant les maisons individuelles (+40 %) que les logements collectifs (plus de 100 %) sont à l’origine de cette croissance.
La ventilation des résultats par type de mode d’occupation illustre également la baisse de régime. On observe, en outre, que la progression des mises en chantier a été beaucoup moins forte en mai dernier pour les unités destinées au marché de la propriété absolue (+18 %) et à celui de la copropriété (+7 %). La construction visant le marché locatif a même diminué pendant cette période (-13 %).
