«Esssayer le canot à glaces, c’est avoir la piqûre», indique d’entrée de jeu François Larochelle, dont le cousin, Mathieu Deschênes, et le beau-frère, Guillaume Dufresne, se sont vraisemblablement faits piqués.
Ceux-ci font partie d’une équipe de sept qui traversent le fleuve quelques fois par année. Des Beauportois et Charlesbourgeois, pour la plupart. Mais ce n’est pas donné à tous de faire ce sport, remarque le groupe, qui a vu certaines équipes mal préparées abandonner parfois au tout début de la course. «Tu ne peux pas t’improviser canoteur», souligne François Larochelle. Les nouveaux venus se sont d’ailleurs aperçus que ce sport extrême n’est pas seulement physique. «On s’est rendu compte vite qu’il y a beaucoup de stratégie et de confrérie», fait remarquer Guillaume Dufresne.
La pratique du canot à glaces nécessite aussi beaucoup de temps de préparation, notamment pour les réparations et le cirage du canot. Même s’ils ont passé trois heures à cirer le canot, à la dernière course du Carnaval, cela n’a pas suffi pour se hisser en haut du classement, l’équipe arrivant 17e sur 24. «À l’eau, on a été très rapide, c’est la glace qui a été très difficile.» C’est qu’il faut utiliser la bonne cire, et être un peu devin. L’équipe avait choisi une cire en prévision d’un temps froid. Mère Nature leur aura toutefois donné une journée plutôt clémente.
Et lorsque l’embarcation de 300 livres et 28 pieds est lancée, «tu ne peux pas décider d’arrêter», dit Mathieu. Une fois l’équipe sur l’eau, au beau milieu du fleuve, vaut mieux se rendre à la rive.
François a déjà chaviré, une expérience traumatisante. «Ton corps devient hors contrôle donc c’est difficile de récupérer le canot. C’est chacun pour soi à ce moment-là!». Il avait alors laissé son canot dérivé et une autre équipe, qui pratiquait, l’avait alors agrippé. La compétition entre les équipes est tout de même saine et amicale.
Reste quelques courses pour le reste de l’hiver. Portneuf et Trois-Rivières, ainsi que le Grand Défi, en mars, qui consiste à faire trois allez-retour Québec-Lévis en deux heures. Une épreuve que seuls les athlètes pourront terminer.
