2026, 7 au 10 octobre, quatre jours à Monaco, Les Assises veulent faire de la cybersécurité une force d’influence collective

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À un peu plus d’un mois de leur ouverture, Les Assises 2026 précisent leur cap. Le rendez-vous cyber se tiendra du 7 au 10 octobre 2026 à Monaco autour du mot d’ordre Osons!, avec une ambition affichée: faire de la cybersécurité une force d’influence collective, et non plus seulement une fonction de protection technique.

Les Assises 2026 réunissent les décideurs cyber à Monaco

Le rendez-vous monégasque occupe une place particulière dans l’agenda des responsables sécurité. Les Assises 2026 réuniront pendant quatre jours des RSSI, DSI, directeurs techniques, juristes, consultants et fournisseurs de solutions. Le format reste construit autour de rencontres programmées, de sessions éditoriales et d’échanges entre pairs, avec un accès orienté vers les décideurs et les porteurs de projets.

Cette 26e édition intervient dans un contexte où les sujets cyber débordent largement les équipes spécialisées. Les directions générales demandent des indicateurs lisibles, les métiers veulent sécuriser leurs usages numériques et les autorités imposent des cadres plus exigeants. Le choix de Monaco, du 7 au 10 octobre, confirme le positionnement de l’événement comme carrefour francophone pour les grands comptes et les acteurs publics.

Le thème retenu, Osons!, n’est pas présenté comme un slogan de circonstance. Les organisateurs y voient une invitation à regarder les mutations numériques sans les réduire à des risques isolés. Intelligence artificielle, technologies agentiques, informatique quantique, souveraineté cloud et sécurité des identités modifient déjà les arbitrages budgétaires et les priorités de gouvernance.

Pour les entreprises présentes, l’enjeu sera moins de dresser un inventaire anxiogène que de comparer les réponses déployées. Un RSSI d’un grand groupe industriel y cherchera des retours sur la protection des environnements de production, tandis qu’une banque regardera davantage les obligations de continuité et de contrôle. Cette diversité donne à l’événement son intérêt principal: confronter des contraintes réelles plutôt que promouvoir une vision unique de la cybersécurité.

Responsables cyber échangeant lors des Assises 2026 à Monaco
Le format des Assises favorise les échanges entre décideurs cyber et fournisseurs spécialisés. — Photo : Jean-Paul Wettstein / Pexels

Le mot d’ordre Osons place les RSSI au premier plan

Le message porté par les organisateurs vise directement la fonction de RSSI. Longtemps perçue comme un centre de coût chargé de bloquer les risques, elle se trouve désormais appelée à peser sur la stratégie. La cybersécurité doit accompagner l’innovation, sécuriser les transformations numériques et fournir un cadre de confiance aux métiers, sans ralentir chaque projet par réflexe défensif.

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Ce changement de posture suppose une présence plus forte auprès de la direction générale. Les décisions sur l’IA générative, les plateformes cloud, les prestataires critiques ou l’ouverture des données ne peuvent plus être traitées uniquement dans des comités techniques. Elles touchent à la compétitivité, à la réputation, à la conformité et parfois à la continuité même de l’activité.

Le mot d’ordre Osons! traduit cette bascule. Oser, dans ce cadre, signifie accepter d’arbitrer dans l’incertitude, construire des alliances internes et rendre compréhensibles des menaces complexes. Un RSSI qui explique seulement le danger d’une faille perd souvent l’écoute des métiers. Celui qui relie la sécurité à un lancement de service, à une acquisition ou à un plan d’exportation devient un acteur de décision.

Cette évolution demande des compétences nouvelles. La maîtrise technique reste indispensable, mais elle ne suffit plus. Les responsables cyber doivent parler finance, droit, communication de crise et gestion du changement. Les Assises entendent répondre à ce besoin par des retours d’expérience, des échanges confidentiels et des formats où les décideurs peuvent comparer leurs méthodes face à des contraintes similaires.

Le risque, pour les organisations, serait de conserver une vision trop étroite de la sécurité. Dans un environnement marqué par des dépendances numériques profondes, un RSSI isolé ne peut pas porter seul la résilience de l’entreprise. La gouvernance cyber devient un sujet collectif, partagé entre le comité exécutif, les métiers, les achats, les équipes juridiques et les partenaires technologiques.

Équipe de cybersécurité analysant une attaque ransomware en centre opérationnel
Les attaques par ransomware replacent la protection des identités au centre des priorités opérationnelles. — Photo : Antoni Shkraba / Pexels

NIS2, DORA et ransomware structurent les débats opérationnels

Les discussions attendues à Monaco seront fortement marquées par les exigences réglementaires. La directive NIS2 élargit le périmètre des organisations concernées par des obligations de cybersécurité, avec une attention particulière portée à la gestion des risques, à la notification d’incident et à la responsabilité des dirigeants. Pour de nombreuses entreprises, le sujet n’est plus théorique: il impose des procédures vérifiables.

Le secteur financier, lui, prépare ses contrôles autour de DORA, qui renforce les obligations de résilience opérationnelle numérique. Les banques, assurances, prestataires de paiement et fournisseurs critiques doivent démontrer leur capacité à maintenir leurs services, tester leurs plans et encadrer leurs dépendances technologiques. À Monaco, ces questions devraient nourrir des échanges concrets sur les preuves attendues par les régulateurs.

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La pression vient aussi du terrain. Les attaques par ransomware combinent de plus en plus vol de données, chantage à la divulgation et paralysie des systèmes. Une donnée citée par des acteurs du secteur souligne l’importance du sujet: l’infrastructure d’identité serait compromise dans 83 % des attaques de ce type, souvent avant le chiffrement visible des serveurs ou des postes.

Cette statistique éclaire une priorité opérationnelle: sécuriser les accès avant de subir la crise. Les annuaires, comptes à privilèges, outils d’administration et prestataires distants constituent des cibles de premier ordre. Une compromission discrète peut durer plusieurs semaines, le temps pour les attaquants d’étendre leurs droits, d’exfiltrer des données et d’identifier les systèmes les plus sensibles.

Les Assises devraient donc accorder une large place aux exercices de crise, à la sauvegarde, à la segmentation réseau, à la détection avancée et au pilotage des tiers. Les directions ne demandent plus seulement si une attaque peut survenir. Elles veulent savoir combien de temps l’activité peut tenir, quels services seront prioritaires et quels éléments devront être communiqués aux clients, aux salariés et aux autorités.

L’Europe cherche une réponse commune face aux dépendances numériques

Au-delà des entreprises, l’édition 2026 porte un enjeu plus politique: renforcer une cybersécurité lisible à l’échelle de l’Europe. Les rapports de force numériques se durcissent, les conflits informationnels se développent et les infrastructures critiques deviennent des cibles stratégiques. Dans ce contexte, la dispersion des approches nationales limite la capacité d’action collective.

Les dépendances technologiques occupent une place centrale dans cette réflexion. Cloud, semi-conducteurs, logiciels de sécurité, solutions d’identité et services d’IA reposent souvent sur des chaînes de fournisseurs mondialisées. La question n’est pas de fermer les marchés, mais de savoir où se situent les marges de manœuvre européennes, les capacités de contrôle et les alternatives crédibles en cas de tension.

L’innovation accélère cette pression. L’IA transforme les méthodes d’attaque, facilite l’automatisation de certaines campagnes et augmente le volume de contenus trompeurs. Dans le même temps, elle offre aux défenseurs des outils plus rapides pour trier les alertes, repérer des comportements anormaux ou assister les analystes. Les technologies agentiques ajoutent une difficulté supplémentaire, car des systèmes peuvent prendre des décisions en chaîne avec une supervision humaine réduite.

Le quantique, même s’il relève encore pour beaucoup d’acteurs d’une préparation de moyen terme, s’invite dans les plans de sécurité. Les organisations détenant des données sensibles sur une longue durée doivent anticiper les futurs risques pesant sur certains algorithmes de chiffrement. Les débats devraient porter sur les inventaires cryptographiques, les priorités de migration et les calendriers réalistes.

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Cette dimension collective explique le ton choisi pour l’événement. Les Assises 2026 ne cherchent pas seulement à rapprocher fournisseurs et clients. Elles veulent encourager une culture commune entre décideurs publics, grands comptes, experts techniques et offreurs européens. La cybersécurité y apparaît comme un levier d’influence, capable de soutenir l’innovation, de protéger la confiance et de donner plus de poids aux choix numériques du continent.

Questions fréquentes

Quand auront lieu Les Assises 2026 ?
Les Assises 2026 se tiendront à Monaco du 7 au 10 octobre 2026. L’événement réunira des décideurs cyber, des responsables informatiques, des experts et des fournisseurs de solutions.
Quel est le thème retenu pour cette édition ?
Le thème annoncé est Osons !. Il vise à encourager une posture plus ambitieuse de la cybersécurité, avec des RSSI davantage associés aux décisions stratégiques et aux transformations numériques.
Pourquoi NIS2 et DORA seront-ils importants à Monaco ?
NIS2 et DORA renforcent les obligations de gestion des risques, de résilience et de notification. Les entreprises doivent prouver leurs dispositifs, organiser leurs responsabilités et préparer leurs réponses en cas d’incident.

À retenir

  • Les Assises 2026 auront lieu du 7 au 10 octobre à Monaco.
  • Le thème Osons ! veut renforcer l’influence des RSSI.
  • NIS2, DORA et ransomware domineront les discussions opérationnelles.
  • La cybersécurité européenne cherche plus de cohérence collective.
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Michel Desjouer
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