Présentée comme le premier modèle de série entièrement électrique de Ferrari, la Luce concentre une part importante des interrogations qui entourent l’avenir de Maranello. Au 1 août 2026, les premières informations disponibles décrivent une voiture de rupture par son architecture, mais fidèle à la logique de très haute performance de la marque. Avec cinq places, quatre moteurs électriques, une puissance annoncée à 1 050 ch et un positionnement tarifaire supérieur à celui de nombreuses GT de luxe, Ferrari cherche moins à remplacer ses modèles thermiques qu’à ouvrir une nouvelle ligne dans son catalogue.
Ferrari Luce place cinq passagers dans une berline liftback
La Ferrari Luce occupe une place particulière dans l’histoire récente du constructeur italien. Elle devient le premier modèle de production 100 % électrique de la marque, mais aussi la première Ferrari capable d’accueillir cinq passagers. Cette donnée n’est pas anecdotique pour un constructeur dont l’image s’est longtemps construite autour de coupés deux places, de berlinettes et de GT conçues pour privilégier le conducteur.
Le choix d’une carrosserie liftback élargit le registre habituel de Maranello. Après le Purosangue, déjà considéré comme une rupture par son format à quatre portes, la Luce va plus loin dans l’usage familial et statutaire. Selon les premiers descriptifs publiés par la presse spécialisée, la voiture adopte des proportions propres, sans chercher à transposer directement les codes d’une supercar thermique. Ferrari affirme avoir repensé la structure, avec une très forte proportion de composants nouveaux.
L’habitacle traduit cette volonté d’installer l’électrique dans un univers distinct, mais pas déconnecté du patrimoine Ferrari. Le volant à trois branches en aluminium recyclé est annoncé 400 g plus léger que les volants actuels de la gamme. Le combiné d’instruments suit les mouvements du volant, afin de conserver une lecture claire selon la position de conduite. Le Manettino et l’e-Manettino sont placés côte à côte, signe que Ferrari veut conserver ses repères de pilotage.
Le traitement intérieur met aussi l’accent sur la qualité perçue, avec des portes à double vitrage, des charnières travaillées et une finition très observée par les premiers essayeurs. Cette orientation peut élargir la clientèle, notamment auprès d’acheteurs qui utilisent déjà une Ferrari pour de longs trajets. Le risque tient à l’équilibre entre confort, masse et identité sportive, trois paramètres difficiles à concilier dans une voiture électrique de prestige.

1 050 ch et 330 miles revendiqués pour la Luce
Les chiffres annoncés placent la Luce au sommet du marché électrique de luxe. La voiture reçoit quatre moteurs, un par roue, pour une puissance maximale indiquée à 1 050 ch. Les performances communiquées relèvent d’un niveau de supercar, avec un 0 à 62 mph en 2,5 secondes et un 0 à 124 mph en 6,8 secondes. La vitesse maximale atteindrait 193 mph, soit environ 310 km/h.
La batterie, d’une capacité annoncée de 122 kWh, revendique jusqu’à 330 miles d’autonomie, environ 531 km selon la conversion. Cette valeur devra être comparée aux mesures homologuées et aux conditions réelles d’usage, surtout pour un véhicule dont le poids atteint 2 260 kg. Ferrari a intégré le pack au plancher, avec un centre de gravité annoncé 95 mm plus bas que celui du Purosangue.
La transmission intégrale repose sur une gestion fine du couple, roue par roue. Cette vectorisation doit permettre de compenser une partie de la masse en virage, tout en offrant une motricité élevée à l’accélération. Ferrari prévoit aussi un mode de conduite privilégiant les roues arrière, une décision importante pour les conducteurs attachés à la mobilité latérale contrôlée et au comportement typique d’une propulsion sportive.
La question du son reste centrale. Une Ferrari électrique ne peut pas produire la signature mécanique d’un V12 ou d’un V8 à haut régime. Maranello a donc travaillé sur un capteur de précision placé à l’arrière, chargé de capter les vibrations mécaniques et de les amplifier. Cette approche ne cherche pas à imiter artificiellement un moteur thermique, mais à donner une présence sonore liée aux organes du véhicule.

Maranello conserve le V12 avec une stratégie multi-énergies
La Luce ne marque pas l’abandon du thermique chez Ferrari. Le constructeur défend une logique de neutralité technologique, dans laquelle moteurs à combustion, hybrides et électriques coexistent. Cette ligne permet de répondre aux contraintes réglementaires sans rompre avec les clients attachés aux mécaniques traditionnelles. La Luce prend place au sommet de la gamme, aux côtés de modèles essence et hybrides.
Ce positionnement répond aussi à une réalité commerciale. Le prix évoqué, autour de 500 000 avant options, installe la voiture dans une zone où la rareté compte autant que la fiche technique. À ce niveau, l’acheteur ne compare pas seulement l’autonomie ou l’accélération. Il évalue la valeur symbolique, l’accès à la marque, la personnalisation et la capacité du modèle à conserver son statut sur plusieurs années.
Le parallèle avec le Purosangue est instructif. Lors de sa présentation, le modèle à quatre portes avait suscité des débats, avant de s’imposer comme un relais de croissance pour Ferrari. La Luce suit une logique comparable, mais avec une rupture plus profonde. Elle ne touche pas seulement à la silhouette ou à l’usage familial, elle modifie la nature de la propulsion, élément central de l’expérience Ferrari.
La marque doit donc éviter deux écueils. Le premier serait de produire une électrique très performante, mais interchangeable avec les propositions déjà disponibles sur le marché du luxe. Le second serait de trop chercher à rassurer les puristes, au risque de brider le potentiel du projet. La présence maintenue du V12 dans la gamme offre une forme de filet stratégique, car elle limite l’impression de bascule brutale.
Chine et Euro NCAP mesurent l’acceptation de la Luce
Les premiers signaux commerciaux donnent du poids à l’hypothèse d’un succès. En Chine, un lot annoncé de 88 voitures aurait été vendu immédiatement lors du lancement local, selon les informations relayées par la presse automobile spécialisée. Ce chiffre reste limité, mais il compte dans un marché où les véhicules électriques de prestige bénéficient d’une clientèle technophile et très sensible aux nouveautés.
La Chine constitue un terrain d’observation majeur pour Ferrari. Les acheteurs de modèles haut de gamme y sont habitués aux grands écrans, aux interfaces avancées et aux performances électriques instantanées. La Luce peut y trouver une réception différente de celle attendue en Europe, où la tradition mécanique de Ferrari conserve un poids culturel très fort. Le succès ne se mesurera pas seulement aux commandes, mais aussi à la fidélité des clients déjà liés à Maranello.
La dimension sécurité va également peser dans la perception du modèle. La Luce doit être soumise à Euro NCAP, une première notable pour une marque de supercars souvent jugée davantage sur la performance que sur les protocoles grand public. Une bonne évaluation renforcerait la crédibilité de ce modèle à cinq places, notamment auprès des clients qui envisagent un usage régulier et familial.
Au 1 août 2026, la Luce se présente donc comme un test industriel, commercial et culturel. Ferrari dispose d’une puissance de marque considérable, mais l’électrique impose d’autres critères de jugement, recharge, masse, efficience, logiciel et agrément sonore. Les prochaines livraisons permettront de vérifier si les acheteurs perçoivent cette voiture comme une Ferrari à part entière, ou comme une expérimentation prestigieuse réservée aux collectionneurs les plus curieux.
Questions fréquentes
- La Ferrari Luce remplace-t-elle les modèles thermiques de la marque ?
- Non. Ferrari présente la Luce comme un modèle électrique ajouté à la gamme, aux côtés des voitures thermiques et hybrides. La marque conserve une stratégie multi-énergies.
- Quelles performances sont annoncées pour la Ferrari Luce ?
- Les données disponibles indiquent 1 050 ch, quatre moteurs électriques, un 0 à 62 mph en 2,5 secondes, une vitesse maximale proche de 193 mph et une batterie de 122 kWh.
- Pourquoi la configuration cinq places est-elle importante ?
- Elle élargit l’usage possible d’une Ferrari. La Luce devient la première voiture de la marque capable d’accueillir cinq occupants, ce qui la rapproche d’une GT familiale de très grand luxe.
- La Ferrari Luce peut-elle devenir un succès commercial ?
- Les premiers retours, notamment la vente rapide d’un lot limité en Chine, indiquent un intérêt réel. Le succès durable dépendra des livraisons, de l’usage quotidien et de l’acceptation par les clients historiques.
À retenir
- La Ferrari Luce est le premier modèle 100 % électrique de Maranello.
- Elle revendique 1 050 ch, quatre moteurs et jusqu’à 330 miles d’autonomie.
- La configuration cinq places élargit nettement l’usage traditionnel d’une Ferrari.
- Ferrari conserve les moteurs thermiques dans une stratégie multi-énergies.
- Les premiers signaux en Chine suggèrent une demande réelle pour ce modèle.
Sources
- Ferrari Luce First Look Review 2026: Ferrari's First Fully Electric Car Revealed | DriverReviews
- Ferrari's First EV: The LUCE | Exclusive First Look Review 2026
- It’s finally here: meet the Ferrari Luce, Maranello’s first ever fully electric car | Top Gear
- Ferrari Luce – Wikipedia
- FIRST LOOK at the Ferrari Luce – the first electric Ferrari looks NOTHING like any other Ferrari…
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