Xiaomi Auto conserve un objectif très ambitieux pour 2026, avec 550 000 voitures à livrer sur l’année. Le chiffre, annoncé par Lei Jun, représente une hausse d’environ 34 % par rapport aux plus de 410 000 unités écoulées en 2025. Mais les premiers mois de 2026 montrent un rythme moins confortable que prévu. Après environ 80 000 livraisons au premier trimestre, le constructeur doit accélérer fortement pour tenir sa trajectoire annuelle.
Xiaomi vise 550 000 livraisons après 80 000 au premier trimestre
Le calcul place Xiaomi Auto sous pression. Avec près de 80 000 véhicules livrés entre janvier et mars, la marque a réalisé un démarrage solide pour un acteur arrivé récemment sur le marché automobile. Le détail disponible fait état de plus de 39 000 unités en janvier, puis de plus de 20 000 en février et en mars. La dynamique reste notable, mais elle ne suffit pas à sécuriser l’objectif annuel.
Pour atteindre les 550 000 livraisons visées en 2026, Xiaomi doit écouler environ 470 000 voitures sur les neuf mois restants après le premier trimestre. Cela représente plus de 52 000 unités par mois en moyenne, un niveau supérieur aux volumes observés au début de l’année. Cette marche impose une progression simultanée de la production, de la logistique, des commandes livrables et du réseau commercial.
Le contraste est marqué avec la communication initiale du groupe. Lei Jun a présenté cette cible comme le signe d’une confiance dans l’expansion de l’activité automobile, après une année 2025 déjà rapide. Cette ambition s’appuie sur la popularité du SU7 et du YU7, deux modèles qui ont donné à Xiaomi une visibilité immédiate face aux références du marché électrique chinois.
Au 4 août 2026, les données publiques disponibles ne permettent pas de confirmer un rattrapage suffisant sur l’ensemble du deuxième trimestre. Auto Plus souligne de son côté que les ventes perdent en vitesse, ce qui rend la cible plus difficile à tenir. Le groupe doit désormais transformer l’intérêt médiatique et les carnets de commandes en immatriculations effectives, dans un secteur où les retards industriels se paient rapidement.

SU7 et YU7 ralentissent après un démarrage très soutenu
Le succès initial du SU7 a surpris jusqu’à la direction de Xiaomi. Lei Jun a reconnu que les commandes de la première génération avaient dépassé les prévisions, malgré une capacité préparée à grande échelle. Cette berline électrique, positionnée face à la Tesla Model 3, a donné au groupe une entrée remarquée dans l’automobile, grâce à un mélange de prix agressif, d’image technologique et d’écosystème numérique.
Le YU7, SUV électrique concurrent du Tesla Model Y, a prolongé cette dynamique. Les chiffres mentionnés pour le début 2026 indiquent 37 869 unités livrées en janvier et 20 196 en février pour ce modèle, selon les données relayées par la presse spécialisée. Cette baisse mensuelle ne signifie pas à elle seule un retournement durable, mais elle alimente les interrogations sur la capacité à maintenir des volumes élevés sans interruption.
La nouvelle génération du SU7, dont les livraisons ont commencé le 23 mars, a ajouté plus de 7 000 unités sur ce seul mois. Ce démarrage montre que la gamme continue d’attirer des acheteurs, mais il intervient dans une période où le constructeur doit gérer plusieurs priorités. Les versions renouvelées doivent convaincre sans cannibaliser les modèles existants, tout en évitant de rallonger les délais pour les clients déjà engagés.
Le ralentissement évoqué par Auto Plus doit être lu dans un contexte plus large. Les acheteurs chinois de véhicules électriques comparent les remises, les autonomies, les délais et les mises à jour logicielles avec une grande précision. Dans ce marché, une baisse de cadence sur deux mois peut venir d’un calendrier industriel, d’un ajustement de gamme ou d’une demande moins vive. Pour Xiaomi, la difficulté consiste à prouver que le premier trimestre n’était pas seulement porté par un effet de lancement.

Lei Jun mise sur de nouveaux modèles et capacités
La réponse de Xiaomi passe d’abord par l’élargissement du catalogue. Des médias chinois ont évoqué un plan préliminaire comprenant quatre nouveautés pour 2026: une version restylée du SU7, une déclinaison exécutive de la berline, un SUV cinq places à prolongateur d’autonomie et un SUV sept places utilisant la même technologie. Cette stratégie vise à couvrir davantage de profils d’acheteurs, des cadres urbains aux familles recherchant plus d’espace.
Le choix de modèles à prolongateur d’autonomie mérite attention. En Chine, cette architecture séduit une partie des clients qui souhaitent rouler majoritairement en électrique, tout en conservant une sécurité psychologique sur les longs trajets. Pour Xiaomi Auto, elle ouvre un segment différent de celui des berlines 100 % électriques et permet de rivaliser avec des marques déjà installées sur les SUV familiaux à forte autonomie combinée.
La montée en capacité industrielle reste l’autre volet décisif. La presse spécialisée a rapporté l’arrivée de Song Gang, ancien cadre de la Gigafactory de Tesla à Shanghai, comme responsable d’usine chez Xiaomi Auto. Le constructeur n’a pas démenti ces informations. Un tel profil apporterait une expérience précieuse dans l’optimisation des flux, la qualité d’assemblage et la montée en cadence, trois sujets essentiels quand une marque vise plus de 52 000 livraisons mensuelles.
L’activité automobile de Xiaomi a déjà franchi un jalon financier important. Sa division véhicules électriques, intelligence artificielle et nouvelles initiatives a enregistré son premier bénéfice opérationnel trimestriel au troisième trimestre 2025, avec 108 796 véhicules livrés sur la période selon les résultats publiés. Cette rentabilité précoce donne une marge de manœuvre, mais elle accroît aussi les attentes des investisseurs. Le défi n’est plus seulement de vendre des voitures, il consiste à installer une production répétable à très grande échelle.
Tesla, BYD et la sécurité pèsent sur Xiaomi Auto
Le marché chinois des véhicules électriques ne laisse que peu de répit. Tesla défend ses positions avec la Model 3 et la Model Y, tandis que BYD multiplie les segments de prix et les technologies hybrides rechargeables. À ces deux références s’ajoutent Li Auto, Xpeng, Nio, Zeekr et plusieurs marques soutenues par de grands groupes. Xiaomi ne se bat donc pas seulement sur le design ou les performances, mais sur un ensemble complet mêlant prix, logiciel, service et disponibilité.
La sécurité constitue un autre point sensible. Caixin a rappelé les inquiétudes apparues après un accident mortel survenu en mars, impliquant une berline Xiaomi dont le système d’aide à la conduite était activé. Les autorités, les consommateurs et les médias chinois surveillent de près ces technologies, souvent présentées comme un argument commercial majeur. Dans ce climat, chaque incident peut peser sur la confiance, même lorsque l’enquête technique demande du temps.
Pour Xiaomi, la question est d’autant plus importante que la marque vient de l’électronique grand public. Son image repose sur l’innovation, l’intégration logicielle et la relation directe avec une communauté d’utilisateurs. Dans l’automobile, cette proximité devient un atout commercial, mais elle expose aussi l’entreprise à des attentes plus fortes sur la fiabilité. Un smartphone décevant se remplace facilement, une voiture engage la sécurité quotidienne et des budgets beaucoup plus élevés.
L’objectif de 550 000 véhicules reste atteignable uniquement avec une accélération nette des livraisons sur les mois restants de 2026. Le groupe dispose d’une marque puissante, d’un écosystème numérique solide et d’une gamme déjà identifiable. La contrainte porte désormais sur l’exécution industrielle et commerciale, dans un marché où les concurrents ajustent leurs prix rapidement et où les acheteurs sanctionnent sans délai les promesses non tenues.
Questions fréquentes
- Quel est l’objectif de Xiaomi Auto pour 2026 ?
- Xiaomi Auto vise 550 000 véhicules livrés en 2026. Cet objectif représente une hausse d’environ 34 % par rapport aux plus de 410 000 voitures écoulées en 2025, selon les chiffres cités par la presse spécialisée.
- Pourquoi cet objectif devient-il plus difficile à atteindre ?
- Après environ 80 000 livraisons au premier trimestre 2026, Xiaomi doit livrer près de 470 000 véhicules sur les neuf mois suivants. Cela impose une moyenne supérieure à 52 000 unités par mois, un rythme nettement plus élevé que celui observé en février et en mars.
- Quels modèles portent les ventes de Xiaomi Auto ?
- La gamme repose principalement sur la berline électrique SU7 et le SUV YU7. Xiaomi prépare aussi des évolutions de gamme, dont une version restylée du SU7 et des SUV à prolongateur d’autonomie, selon des informations de médias chinois.
- Quels risques pèsent sur Xiaomi dans l’automobile électrique ?
- Xiaomi doit gérer la concurrence de Tesla, BYD et d’autres marques chinoises, augmenter ses capacités de production et préserver la confiance autour de ses systèmes d’aide à la conduite après les inquiétudes liées à un accident mortel survenu en mars.
À retenir
- Xiaomi vise 550 000 voitures livrées en 2026.
- Le premier trimestre atteint environ 80 000 livraisons.
- Le rythme requis dépasse 52 000 unités par mois après mars.
- Les nouveaux modèles doivent soutenir la montée en volume.
Sources
- Xiaomi aims to deliver 550,000 cars in 2026, following over 410,000 deliveries in 2025 – CnEVPost
- Xiaomi Auto Targets 550,000 Sales in 2026; Needs Over 52,000 Monthly After Q1’s 80,000 Deliveries-Internet Info Agency
- Xiaomi Targets 550,000 EV Sales in 2026 – Caixin Global
- Xiaomi vise à livrer 550 000 voitures en 2026, après plus …
- After Q1 Reporting, Does Xiaomi Auto Need a Sales Miracle? | Gasgoo
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