Un simple changement de pneus a permis à une Hyundai Ioniq 5 N électrique de gagner 12 % d’autonomie sur autoroute, selon un essai relayé par Frandroid. Le test met en lumière un paramètre souvent sous-estimé par les automobilistes électriques, le couple formé par les pneus et les jantes. Sur un modèle sportif de 650 ch, conçu pour l’adhérence et les performances, ce choix technique pèse directement sur la consommation à vitesse stabilisée.
Matt remplace les pneus de la Hyundai Ioniq 5 N
L’essai part d’une observation concrète. Le vidéaste Matt, propriétaire d’une Hyundai Ioniq 5 N, a remplacé les pneus très sportifs montés sur son véhicule par des gommes Kumho plus orientées vers l’efficience. Le résultat annoncé atteint 12 % d’autonomie supplémentaire sur autoroute, un écart suffisamment élevé pour retenir l’attention dans le secteur des voitures électriques.
La Ioniq 5 N n’est pas un modèle électrique ordinaire. Elle a été développée par Hyundai pour répondre aux attentes des conducteurs amateurs de conduite dynamique, avec une puissance élevée, une transmission intégrale et des réglages pensés pour le circuit. Dans cette configuration, les pneus d’origine privilégient la motricité, la tenue de route et la résistance aux fortes contraintes latérales. Ces qualités ont un coût énergétique, surtout à vitesse constante.
Le test attribue une partie du gain à des pneus moins pénalisants et à un montage de roues plus favorable à la consommation. Sur autoroute, le moteur électrique doit lutter contre plusieurs résistances, dont l’aérodynamique, le poids et le contact au sol. À 110 ou 130 km/h, une gomme large, tendre et très adhérente peut accroître la dépense d’énergie, même lorsque le conducteur adopte une allure régulière.
Ce résultat ne transforme pas la voiture en modèle d’éco-conduite, mais il rappelle que l’autonomie affichée n’est jamais figée. À batterie identique, le choix des pneumatiques modifie la distance parcourue entre deux recharges. Pour les propriétaires de véhicules puissants, le compromis devient clair, conserver un comportement sportif maximal ou réduire la consommation sur les longs trajets.

Les Kumho réduisent la consommation à vitesse stabilisée
Les Kumho montés lors de l’essai semblent réduire la résistance au roulement, c’est-à-dire l’énergie perdue lorsque le pneu se déforme au contact de la chaussée. Ce phénomène existe sur toutes les voitures, mais il devient particulièrement visible sur un véhicule électrique, où la consommation se mesure finement en kilowattheures aux 100 kilomètres. Une faible différence de rendement peut produire plusieurs dizaines de kilomètres supplémentaires sur un trajet autoroutier.
Sur une sportive électrique, les pneus très adhérents utilisent souvent des mélanges plus tendres et des sculptures conçues pour maximiser l’accroche. Ces choix favorisent le freinage et les passages en courbe, mais ils peuvent augmenter la consommation. À l’inverse, des pneus conçus pour l’efficience cherchent à limiter l’échauffement et les pertes mécaniques. La conduite paraît parfois moins incisive, mais le bilan énergétique progresse, surtout sur autoroute.
Les jantes interviennent aussi. Une roue plus petite ou plus légère réduit la masse en rotation, ce qui aide lors des phases d’accélération. Sur autoroute, l’effet principal vient plutôt de l’aérodynamique et de la largeur du pneu. Une section moins importante expose moins de surface au vent et limite les frottements. L’ensemble peut expliquer un gain mesurable, sans intervention sur la batterie, le moteur ou le logiciel de gestion.
Le chiffre de 12 % doit tout de même être interprété avec prudence. La température extérieure, le vent, la pression des pneus, l’état du revêtement et le style de conduite peuvent influencer le résultat. Pour valider un écart avec rigueur, il faudrait multiplier les parcours identiques et comparer les données sur plusieurs cycles. L’essai reste parlant, car il illustre un levier simple, accessible et immédiatement compréhensible pour les conducteurs.

Hyundai vend la Ioniq 5 N comme sportive de 650 ch
Hyundai présente la Ioniq 5 N comme une électrique haute performance capable de développer jusqu’à 650 ch. La marque met en avant une expérience proche d’une voiture sportive, avec une gestion électronique travaillée, une transmission à quatre roues motrices et des réglages destinés à rendre la conduite plus expressive. Dans cet univers, l’autonomie n’est pas le seul critère d’achat, mais elle reste déterminante lors des grands déplacements.
Sur son site français, Hyundai annonce jusqu’à 448 km WLTP pour la Ioniq 5 N, avec une recharge rapide donnée à 18 min dans des conditions adaptées. La norme WLTP permet de comparer les modèles entre eux, mais elle ne reproduit pas parfaitement un trajet autoroutier prolongé. À haute vitesse, la consommation augmente fortement, en particulier sur les véhicules lourds, puissants et dotés de pneus larges.
Le cas de la Ioniq 5 N illustre la tension entre deux promesses commerciales. D’un côté, Hyundai vend une voiture capable d’accélérations très fortes et de sensations marquées. De l’autre, les conducteurs électriques attendent une maîtrise des coûts et des arrêts de recharge espacés. Les pneus sportifs répondent à la première attente, les pneus plus efficients à la seconde. Le choix dépend donc du profil d’usage réel.
Pour un conducteur qui utilise surtout la voiture sur route et autoroute, l’intérêt d’un pneu très orienté piste peut être limité au quotidien. À l’inverse, un propriétaire fréquentant des circuits ou des routes sinueuses cherchera une gomme capable d’encaisser de fortes sollicitations. La question n’est pas seulement technique. Elle touche au positionnement du véhicule, entre objet de plaisir, voiture familiale rapide et outil de déplacement longue distance.
Le choix des pneus modifie le coût d’usage électrique
Le gain d’autonomie réelle a des conséquences concrètes sur le coût d’usage. Une baisse de consommation de 12 % peut réduire le nombre de recharges sur de longs trajets, surtout lorsque la batterie est sollicitée à vitesse autoroutière. Pour un automobiliste parcourant plusieurs milliers de kilomètres par an sur voies rapides, l’économie peut devenir visible, même si elle dépend fortement du prix payé au kilowattheure.
Le prix du pneu doit entrer dans le calcul. Des gommes performantes coûtent cher, surtout dans les dimensions adaptées aux SUV électriques puissants. Des pneus plus efficients peuvent être moins coûteux ou équivalents, mais leur durée de vie varie selon le poids du véhicule, le couple disponible et la conduite adoptée. Un véhicule de plus de deux tonnes sollicite fortement ses trains roulants, en particulier lors des accélérations répétées.
La sécurité reste le premier critère. Un pneu moins sportif ne doit pas dégrader excessivement le freinage sous la pluie, la motricité ou la stabilité en manœuvre d’urgence. Les conducteurs doivent vérifier les indices de charge et de vitesse, l’adaptation aux dimensions autorisées et les recommandations du constructeur. Un gain d’autonomie perd son intérêt si le comportement routier devient moins prévisible dans des conditions difficiles.
L’homologation et l’assurance imposent aussi des limites. Monter des roues différentes peut être possible, mais pas dans n’importe quelles dimensions. Le véhicule doit rester conforme aux prescriptions techniques applicables. Les centres de montage disposent normalement des bases de données nécessaires pour vérifier les compatibilités. Pour les propriétaires de voitures électriques sportives, le message principal est simple, le pneu n’est pas un accessoire secondaire, mais un élément central du rendement, du confort et de la sécurité.
Questions fréquentes
- Pourquoi les pneus influencent-ils autant l’autonomie électrique ?
- Les pneus créent une résistance au roulement lorsque leur structure se déforme sur la route. Plus cette résistance est élevée, plus le moteur consomme d’énergie pour maintenir la vitesse. Sur autoroute, l’effet s’ajoute à l’aérodynamique et devient mesurable sur la distance parcourue.
- Le gain de 12 % est-il garanti sur toutes les Hyundai Ioniq 5 N ?
- Non. Ce chiffre provient d’un essai précis et dépend du type de pneus, des jantes, de la pression, de la température, du vent, du revêtement et de la vitesse. Il indique une tendance crédible, pas une garantie applicable à chaque trajet.
- Peut-on monter n’importe quel pneu pour gagner en autonomie ?
- Non. Les dimensions, les indices de charge et de vitesse, la compatibilité avec les jantes et les règles d’homologation doivent être respectés. Le choix doit aussi préserver le freinage, la stabilité et l’adhérence sous la pluie.
À retenir
- Un changement de pneus a permis un gain annoncé de 12 % sur autoroute.
- La résistance au roulement pèse fortement sur l’autonomie des électriques sportives.
- La Hyundai Ioniq 5 N revendique jusqu’à 650 ch et 448 km WLTP.
- Le choix des pneus doit préserver sécurité, conformité et coût d’usage.
Sources
- Budget 2026, taxe kilométrique britannique en 2028, pourquoi la voiture électrique risque une taxe en France, ce détail surprend - 12 août 2026
- 12 % d’autonomie en plus, 650 ch, pneus Kumho plus efficients, cette Hyundai Ioniq 5 N surprend sur autoroute - 12 août 2026
- À Perpignan, Yves Hayat expose des images IA qui interrogent nos certitudes visuelles - 12 août 2026






